MVP marketplace : combattons 5 idées reçues !

Vous connaissez le MVP ? Ce terme, qui fait flores depuis quelques années dans le monde de la tech, est l’acronyme de Minimum Viable Product (Produit Minimum Viable). Il s’agit d’une méthode dont l’objectif est de sortir d’abord un produit avec uniquement les fonctions les plus attendues par un public cible et de le confronter rapidement à son marché. Il y a quelques années, en meeting chez un client (un gros avionneur européen pour ne pas le citer), alors que je vantais les mérites de cette méthode, un intervenant doucha mes élans en déclarant : « Pensez vous vraiment que ça a du sens de faire le MVP de notre prochain avion long courrier? ». Si cette approche ne s’applique sans doute pas à tous les projets, il est inexact de penser qu’elle est incompatible avec des projets complexes. L’utilisation de cette méthode pour lancer une marketplace en est un bon exemple. Essayons de combattre quelques idées reçues à ce sujet!

MVP & Marketplace c’est antinomique, non ?

Par essence, une marketplace offre en effet une palette de fonctionnalités assez larges : création de compte vendeur, tunnel d’achat, panier multi vendeurs, back office vendeur pour gérer ses commandes, système de paiement en ligne, outil de ventilation des commissions… Cette richesse fonctionnelle pourrait ruiner tout espoir de pouvoir lancer un MVP par essence réduite à des fonctionnalités « minimum ». Pourtant, il existe aujourd’hui des frameworks (open source ou propriétaires) qui permettent de disposer rapidement de ces fonctionnalités moyennant des configurations assez simples. L’enjeu n’est plus alors de les développer mais bien d’avoir en tête là où on veut conduire son projet marketplace. Il s’agit aussi de décider, toujours dans cette logique MVP, à quelles familles de produits ou de services, à quels clients, à quels pays, etc… je vais circonscrire mon MVP marketplace. Viendra ensuite le temps d’affiner les fonctionnalités et d’en développer de nouvelles.

Un MVP Marketplace, ça ne sert à rien !

J’ai souvent entendu cet argument, souvent d’ailleurs de la part des mêmes qui pensaient qu’une MVP marketplace était impossible. Comme tout MVP, un MVP marketplace est très utile pour permettre deux choses fondamentales. D’une part, vous outiller pour vous permettre d’onboarder vos premiers vendeurs qui constituent l’un des actifs clefs de votre marketplace. La réussite de cet onboarding conditionne grandement le succès de la marketplace et son décollage. Et le seul moyen de s’y confronter, c’est de pouvoir l’opérer en s’appuyant sur un MVP. Certaines des marketplaces que je connais ont d’abord lancé un MVP avec ce seul objectif. Autre vertu du MVP, il permet d’opérer vos premières transactions end-to-end et de débusquer ainsi les unhappy flows, tous ces cas d’exceptions difficiles à anticiper en phase de cadrage qui font que ça ne se passe pas (toujours) comme on l’avait prévu une fois le MVP mis en production. Les connaître suffisamment en amont du projet permet d’augmenter la valeur perçue de votre marketplace par les clients et de vous différencier de la concurrence.

Un MVP marketplace, ça me rend forcément dépendant d’un framework !

C’est la question du make or buy. Il est parfois intéressant de s’appuyer sur un framework proposé par un éditeur pour améliorer le Time to Market de son projet marketplace. Sur un marché concurrentiel, c’est là un bon moyen de pouvoir dégainer le premier. Certains porteurs de projet marketplace y rechignent au motif que cela ne constitue pas un actif de leur entreprise (un IP dans le langage start-up). Cet argument pourrait être recevable si le choix d’un framework était définitif. Or, il existe aujourd’hui, avec des solutions d’orchestration comme Marjory (un peu d’auto-promo ne nuit pas), un moyen pour rendre les opérateurs de marketplace moins dépendants des frameworks qu’ils exploitent pour la construire (build) et la faire tourner (run). Si on pense plateforme, micro services, connexions d’API, orchestration, workflows, etc. , alors l’argument de la dépendance tombe car le changement de framework ou l’intégration de solutions custom sont facilités !

Un MVP marketplace c’est très long à lancer

Les temps est une notion relative. Il faut donc savoir où ça commence et où ça finit. Par essence, le lancement d’un MVP marketplace peut être long si on part d’une feuille blanche. Si on doit intégrer le temps de positionnement stratégique (proposition de valeur, profils des clients, structure du catalogue…) et de business plan, alors en effet le MVP peut durer. Mais si ces éléments de pré-pré-cadrage sont stabilisés, alors on peut, je l’affirme ici, lancer une marketplace B2C en 3 mois. Pourquoi ? Parce qu’il existe aujourd’hui des solutions d’orchestration comme Marjory qui proposent des bonnes pratiques sur étagères, des bibliothèques de modules pré-intégrés et des éditeurs de workflows intuitifs qui permettent à des profils fonctionnels de monter un MVP marketplace dans une logique de low code !

Un MVP c’est cher, très cher !

Parler argent est toujours un tabou dans notre pays. C’est pour ça, qu’en garçon bien éduqué, je réserve ce sujet pour la fin! Il est toujours difficile et risqué de donner des ordres de grandeur. Car ce qui compte c’est pour combien on en a, non ? Dans un monde concurrentiel où il se lance chaque jour dans le monde une nouvelle marketplace, il est important de tirer le premier! Même si vous devez payer un peu plus cher ce coût d’opportunité. Mais pour ça, il faut que votre MVP soit disponible rapidement (cf. idée reçue précédente!). En vous appuyant sur des solutions open source et propriétaires, un outil d’orchestration, et des experts, vous pouvez pour un coût de moins de 100 k euros lancer votre MVP marketplace.

Alors, convaincu.e.s?

Le MVP ne permettra peut être par la révolution aéronautique, mais elle contribuera certainement à la transformation du commerce en permettant à des start-up et à des entreprises installées (retailers, etc.) de démontrer rapidement toute la puissance du modèle marketplace. Qu’on se le dise !

Ecrit par Alexandre AMIOT sur Linkedin le 29/01/2021 et repris avec son autorisation
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alexandre@marjory.co